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Forcer ou se reposer ? Gérer la fatigue pendant la rééducation neurologique

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Thérapeute accompagnant une patiente lors d’un entraînement suivi par capteurs chez Nextherapy

Demandez à des personnes en récupération après un AVC, vivant avec une SEP ou confrontées aux suites d’une lésion cérébrale ce qui les gêne le plus, et la fatigue devancera la faiblesse, la spasticité, presque tout le reste. C’est aussi le symptôme sur lequel les conseils reçus sont les moins utiles. Un clinicien dit de continuer, cela construira l’endurance. Un autre dit d’écouter son corps et de se reposer. Les deux semblent raisonnables, et suivre aveuglément l’un ou l’autre tourne généralement mal.

Ce n’est pas la fatigue d’avant

La fatigue saine est à peu près proportionnelle à ce que vous avez fait, et une nuit de sommeil la corrige largement. La fatigue neurologique ne se comporte pas ainsi. Elle survient sans prévenir, elle est souvent sans commune mesure avec l’effort, et le sommeil ne la dissipe fréquemment pas. Les gens décrivent un mur plutôt qu’une pente. Un instant vous gérez, et l’instant d’après non.

Une part de l’explication est qu’après une lésion neurologique, le mouvement ordinaire cesse d’être ordinaire. Marcher, qui tournait autrefois en pilote automatique, demande maintenant une attention consciente : un court trajet dans un couloir mobilise à la fois la concentration, le contrôle de l’équilibre et l’effort. La charge cognitive et la charge physique cessent d’être des comptes séparés. C’est pourquoi un appel téléphonique difficile peut faire traîner votre jambe l’après-midi.

Les deux conseils ont à moitié raison

« Forcer » a raison sur un point. Éviter l’effort à long terme mène au déconditionnement, et le déconditionnement rend tout plus fatigant, ce qui encourage encore plus d’évitement. Cette spirale est réelle et mérite d’être interrompue. La capacité d’entraînement s’améliore bien avec l’entraînement, y compris dans la sclérose en plaques, où l’ancien conseil d’éviter l’effort a été renversé par les données.

« Se reposer » a raison sur autre chose. Pousser de façon répétée jusqu’à la fatigue sévère ne construit pas de tolérance, cela vous coûte des journées. Si chaque bonne séance vous coûte les deux suivantes, votre total hebdomadaire de travail utile diminue, même si chaque séance a semblé héroïque.

La question n’est donc pas forcer ou se reposer. Elle est : combien, à quelle fréquence, et comment le savez-vous.

À quoi ressemble vraiment le surmenage

L’effort pendant la séance n’est pas le signal d’alarme. Les signaux qui comptent apparaissent généralement plus tard.

Regardez le lendemain, pas l’heure qui suit. Se sentir sollicité est attendu. Ne plus pouvoir mener son après-midi habituel ne l’est pas. Surveillez une qualité qui se dégrade plutôt qu’un simple ralentissement : un pied qui accroche, une parole plus difficile à organiser, une main qui ne coopère plus. Notez si le temps de récupération s’allonge de semaine en semaine. Et prenez un changement soudain de votre schéma habituel assez au sérieux pour en parler à votre médecin, car une fatigue nouvelle ou qui s’aggrave rapidement peut avoir des causes sans rapport avec l’entraînement, de l’anémie aux troubles thyroïdiens en passant par une infection.

Le pacing ne veut pas dire s’entraîner mollement

C’est ici que le conseil bien intentionné fait le plus de dégâts. Le pacing est souvent entendu comme « en faire moins », et ceux qui le prennent ainsi perdent le stimulus d’entraînement dont dépend la récupération. Le lien entre intensité et changement neuroplastique n’est pas négociable. Répéter facilement ce que vous savez déjà faire confortablement ne change pas grand-chose.

La version utilisable du pacing est différente. Elle place le travail le plus dur là où se trouve réellement votre énergie, pour la plupart en début de journée. Elle privilégie des blocs plus courts de travail vraiment exigeant, avec une vraie récupération entre eux, plutôt qu’une longue séance d’intensité médiocre. Elle garde une réserve à la fin au lieu de vider le réservoir à chaque fois. La chaleur compte aussi en cas de SEP : une pièce plus fraîche et une boisson froide peuvent changer ce dont vous êtes capable.

La mesure enlève les devinettes

Si la fatigue est si difficile à gérer seul, c’est que vous estimez à l’aveugle. Vous vous sentez mal, mais vous ne savez pas si vous en avez fait plus que d’habitude ou moins.

C’est un avantage pratique de la thérapie assistée par la technologie. Lorsqu’une séance enregistre les répétitions, la distance, le niveau d’assistance et l’évolution de la performance du début à la fin, la fatigue cesse d’être une humeur et devient une donnée. Nous voyons le moment de la séance où la qualité du mouvement commence à se dégrader, et nous plaçons la pause là. Nous voyons si l’effondrement du jeudi a suivi un mercredi réellement plus lourd ou un mercredi normal. Sur plusieurs semaines, nous voyons si la tolérance augmente.

L’allègement du poids du corps et l’assistance robotisée aident pour la même raison. Quand l’appareil porte une partie de la charge, davantage de votre énergie va dans le mouvement que vous cherchez à réapprendre plutôt que dans le maintien debout, et vous obtenez plus de répétitions utiles avant que le mur n’arrive.

Par où commencer

Si la fatigue décide de ce que vous pouvez faire ou non, il vaut la peine de la faire évaluer correctement plutôt que de procéder par essais et erreurs. Nous proposons une évaluation initiale gratuite dans nos cliniques de Zurich et de Saint-Gall, où nous mesurons ce que vous pouvez actuellement soutenir et construisons un plan autour. La thérapie chez Nextherapy est couverte par l’assurance suisse aux conditions habituelles, et nous ne facturons aucun supplément pour la technologie.

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